Un couple et un enfant à vélo se promènent dans l'exposition en plein air d'équipements militaires russes détruits à Kiev, le 15 février 2026 ( AFP / Sergei SUPINSKY )
Les négociateurs russes, ukrainiens et américains se retrouvent à Genève mardi pour une nouvelle session de pourparlers destinée à trouver une issue à quatre ans de combats en Ukraine, visée pendant la nuit par des bombardements russes massifs.
Lors de cette nouvelle attaque qui a visé des sites énergétiques, l'armée russe a tiré 396 drones et 29 missiles, dont respectivement 367 et 25 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
"Il s'agissait d'une frappe combinée, délibérément calculée pour causer autant de dégâts que possible à notre secteur énergétique", a dénoncé le président Volodymyr Zelensky, évoquant le "mépris de la Russie pour les efforts de paix".
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'exprime lors de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), le 14 février 2026 à Munich, dans le sud de l'Allemagne ( AFP / THOMAS KIENZLE )
Selon lui, douze régions ont été visées dans cette attaque qui a fait neuf blessés et laissé "des dizaines de milliers de personnes" sans eau ni chauffage à Odessa, grand port situé dans le sud de l'Ukraine.
Pour faire pression sur Kiev, sur fond de négociations sous médiation américaine, la Russie multiplie depuis des semaines les frappes dévastatrices sur les infrastructures ukrainiennes, provoquant des coupures d'électricité, d'eau et de chauffage en plein hiver.
Une frappe de drone russe a tué mardi matin trois employés d'une centrale électrique à Sloviansk, dans l'est de l'Ukraine, ont annoncé les autorités.
Le ministère russe de la Défense a affirmé de son côté avoir intercepté plus de 150 drones ukrainiens au cours de la nuit, ciblant essentiellement la région de la mer Noire, la Crimée et la mer d'Azov.
Ces attaques ont eu lieu alors que des responsables russes et ukrainiens se trouvent à Genève pour de nouvelles discussions sur la fin de la guerre, après deux sessions sans grandes avancées diplomatiques aux Emirats arabes unis les semaines précédentes.
- "Venir à la table" -
Sur le terrain, l'armée ukrainienne a réalisé la semaine dernière de rares avancées grâce à des contre-attaques réussies, reprenant 201 km2 aux forces russes, d'après une analyse AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), basé aux Etats-Unis.
Interrogé sur les discussions à Genève, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué qu'il "ne faut pas s'attendre à des nouvelles aujourd'hui, car il est prévu que le travail se poursuive demain".
Les parties travaillent sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois, qui prévoit notamment des concessions territoriales de la part de l'Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.
Les négociations bloquent toutefois sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine : Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
Le président américain Donald Trump s'adresse aux journalistes à bord d'Air Force One alors qu'il quitte l'aéroport international de Palm Beach, le 16 février 2026, pour se rendre à Washington ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Nathan Howard )
Donald Trump, à l'origine des tractations, fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit déclenché par l'invasion russe de l'Ukraine, en février 2022.
"L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement", a répété lundi soir le président américain, après avoir appelé la semaine dernière son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à "se bouger", assurant que la Russie voulait "conclure un accord".
Interrogé lundi sur ces nouveaux pourparlers, un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a quant à lui prévenu que "les questions" restant à régler étaient "vastes" et que "personne ne se risquera à prédire" l'issue des discussions.
- Territoires -
M. Riabkov a répété que Moscou voulait obtenir non pas une simple pause dans les hostilités mais un accord "durable".
Si l'économie russe résiste aux sanctions occidentales depuis 2022, elle commence à montrer des signes d'essoufflement avec une croissance ralentie, un déficit budgétaire et une baisse des revenus tirés de la vente des hydrocarbures.
Volodymyr Zelensky a de son côté mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin de négocier, tout en disant espérer des discussions "substantielles". Il a reproché aux Américains de "revenir trop souvent sur la question des concessions" demandées à Kiev.
Samedi, en marge de la Conférence sur la Sécurité de Munich, M. Zelensky a de nouveau écarté la possibilité de céder des territoires à la Russie, qui occupe mi-février 19,5% du territoire ukrainien.
Le chef de la délégation ukrainienne Roustem Oumerov (c,d) et le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio (c,g) accompagné de Steve Witkoff et Jared Kushner, lors d'une réunion à Hallandale Beach, en Floride, le 30 novembre 2025 ( AFP / CHANDAN KHANNA )
Contrairement aux négociations d'Abou Dhabi, la délégation russe à Genève est menée par l'historien nationaliste et ex-ministre de la Culture Vladimir Medinski, signe que le volet politique, et non plus seulement militaire, sera abordé.
L'équipe ukrainienne est emmenée, comme pour les réunions précédentes, par l'ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, tandis que la Maison Blanche devait envoyer, comme auparavant, l'émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.

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